24 Juil

Mesdames et Messieurs les représentants des Administrations Centrales,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Nous sommes aujourd’hui réunis pour rendre hommage à Monsieur Jean Robert LINDRON, et ce ne sera pas simple tant sa vie aura été riche sur le plan familial, professionnel et enfin plus particulièrement pour ce qui me concerne pour la partie publique de la période gibaldipontine.

Comme cela a été indiqué précédemment Jean Robert LINDRON est né le 20 décembre 1923 à Teilhet (PdD) dans une famille de cinq enfants dont il est le cadet. Abandonné par son père  à l’âge de six mois, comme toute la famille, il devra très rapidement prendre ses responsabilités.

Avec Ginette, son épouse ils ont eu deux enfants Gilles et Eliane, quatre petits enfants Magalie, Bertrand, Laurence et Maud, et huit arrière-petits enfants Paloma, Roméo, Agathe, Armand, Eugénie, Emeric, Candice, et Clément. Une belle et grande famille. Nos pensées les accompagnent.

Très bon élève, le jeune Jean Robert envisage une carrière dans l’enseignement et intègre l’Ecole Normale d’Instituteurs de Clermont-Ferrand. Mais la seconde guerre mondiale l’amènera rapidement, dès 1942,  à rejoindre la résistance pour participer à la lutte pour la libération du pays sous la dénomination de « Lieutenant Robert »

Après la guerre il reprend ses études et obtient sa première nomination d’enseignant à l’école de Saint-Etienne-des-Champs en septembre 1947.

Il me confiera, lui qui était passionné de chasse et de pêche que c’était un peu le paradis sur terre, la nature ayant été préservée dans nos campagnes des Combrailles durant la guerre.

Son destin va basculer une première fois en septembre 1955. L’inspecteur de l’Education Nationale lui propose de prendre la direction du Cours Complémentaire de Pontgibaud. La proposition prenant plutôt la forme d’une injonction, il se résous à l’accepter.

Avec la construction d’un nouveau bâtiment dans les années 64/65, le Cours Complémentaire deviendra Collège d’Enseignement Général et la réputation de son principal va s’étendre bien au-delà de son aire de rayonnement habituel. L’établissement disposant d’un internat, beaucoup d’élèves dits « turbulents » de l’agglomération clermontoise lui seront confiés. A cette époque, et sous sa Direction, la discipline était de rigueur, et dans le cas contraire on risquait fort de se faire saisir par la joue et de se voir qualifier d’animal pour rentrer dans le rang. Parmi les milliers d’élèves qui l’ont eu comme Directeur, je n’en ai jamais rencontré un seul qui lui en garde rigueur.

Rapidement intégré dans la vie locale, il va s’investir dans le tissu associatif. D’abord dans l’Amicale Laïque avec en point d’orgue la rénovation d’un bâtiment situé en plein centre ville dont il assurera le financement par des manifestations régulières durant des années.

Toujours passionné de chasse et de pêche, il va créer la société de pêche « La Gibaldipontine » en faisant signer les baux aux riverains, principalement des agriculteurs, en contrepartie d’une location annuelle basée sur la longueur des berges. Une nouveauté dans la région.

Compte tenu de ses qualités de gestionnaire, de sa notoriété de Directeur à «  poigne », des associations ci-dessus évoquées, il est sollicité pour intégrer le Conseil Municipal, et il deviendra adjoint de Fernand ANDANT de 1965 à 1971.

Lors des municipales suivantes, en mars 1971, il est facilement élu Maire, mais sa situation professionnelle va à nouveau interférer avec sa vie publique. Il obtient en effet  la direction du Collège de Senonches (Eure et Loir).

 

En raison de l’éloignement, il propose alors de démissionner de son poste de Maire, mais l’ensemble du Conseil rejette cette possibilité et il continuera donc à gérer la commune avec ses adjoints,  et des déplacements réguliers.

Trois ou quatre ans plus tard, il obtiendra, pour sa fin de carrière, le double poste de Principal du Collège et Proviseur du Lycée de Gannat (au total plus de 1 000 élèves), poste qui le rapprochera de sa Mairie.

Jean Robert LINDRON est facilement réélu en 1977, puis en 1983, et enfin  en 1989.

Durant ces années il participe activement à l’intercommunalité dans le cadre des Syndicats Intercommunaux (ancêtres des Communautés de Communes,) : le Sictom de Pontaumur/Pontgibaud (collecte des ordures ménagères), le SIVOM de Pontgibaud (Ramassage scolaire et aide ménagère à domicile), le Syndicat Dômes et Combrailles (Tourisme), le SIAEP de Sioule et Morge (gestion de la ressource en eau potable), la SEMERAP (distribution de l’eau potable), le SMAD des Combrailles, … Il assurera la présidence de plusieurs de ces syndicats et de nombreuses vice-présidences.

En 1995, ne disposant plus de logement à Pontgibaud et sans doute un peu lassé par les transports, il décide de ne pas se représenter, ignorant encore qu’il n’en a pas fini avec la fonction de 1er magistrat et qu’un nouvel épisode est en préparation du côté d’Ayat-sur Sioule.

Pour tous ceux qui l’ont connu et côtoyé, Jean Robert LINDRON a été et demeurera dans nos mémoires un grand gestionnaire.

Le nombre de réalisations sous son mandat est particulièrement impressionnant. Cela commence avec l’achèvement de La Poste, la construction de l’Ecole, de la Gendarmerie, la réalisation de deux lotissements (une soixantaine de lots) pour enrayer le déclin démographique, le terrain de sports et les vestiaires, le rachat du camping et son réaménagement, la salle polyvalente, la Zone d’Activités, la station d’épuration et le raccordement du réseau d’assainissement, l’agrandissement du cimetière, l’aménagement de la Place de la République, la réfection de la Mairie, et j’en oublie sans doute…

Son dernier programme, à l’heure de la fin de son mandat, concernait la réfection de l’Eglise. Les accords de subventions obtenus, il laissera le choix à son successeur de lancer le programme ou de l’annuler. Bel exemple de sa conception de la démocratie et de la gestion communale.

D’autres décisions ne concernant pas les bâtiments vont profondément impacter la vie locale :

  • La décision d’adhérer au Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable des communes de Sioule et Morge à un moment ou la ressource en eau de la commune devient problématique et la construction d’un château d’eau indispensable ;
  • La demande de création d’une déviation pour soulager la circulation en centre-ville en période estivale et atténuer le risque d’accident grave à l’image de ce camion aux freins défaillants qui emportera la fontaine de la Place de la République et s’encastrera dans la façade des Mutuelles du Mans.

Et bien sûr, parce que dans son esprit il ne pouvait pas en être autrement, toutes les réalisations financées par la commune ont obtenu le maximum de subventions possibles.

Très souvent, en évoquant ces travaux, il s’étonnait, malicieusement de les avoir menés à terme et il avait l’habitude de dire, avec un grand sourire que c’était plutôt pas mal pour « une petite commune de 750 habitants ». Les anciens s’en souviennent sans doute…

Les communes d’Ayat et de Pontgibaud perdent aujourd’hui un grand « Monsieur » à l’action exemplaire, au jugement pertinent qui lui faisait également dire avec un certain sourire «  je me trompe rarement pour ainsi dire pratiquement jamais ».

Aujourd’hui et pour toujours je confirme que dans la gestion de la commune de Pontgibaud, il ne s’est pas égaré.

Pour tout ce qui précède une seule phrase, un seul mot, mais en lettres capitales, merci Jean Robert.

 

 

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